Zombie mon amour (partie 2)

Dans le premier article, Zombie mon amour partie 1, j’ai abordé la notion du zombie dans la culture moderne et mis en exergue les principaux courants et mouvances du genre afin que tout le monde ici se repère convenablement dans le genre zombie.

Les créations « zombiesques » sont légions de nos jours. Nous avons donc beaucoup de choix d’œuvres de ce genre là et dans de nombreux tons différents. Je n’ai pas une culture zombie exhaustive, loin de là, mais j’ai découvert au fil des années des œuvres qui, selon moi, méritent le détour et j’espère vous donner envie de les découvrir si ce n’est pas déjà fait.

La série de comics et la série télévisée The Walking Dead

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À mon sens, les deux œuvres qui ont fini d’asseoir la popularité du genre zombie actuellement sont les comics et la série télé The Walking Dead, c’est donc pourquoi je vais m’attarder en premier lieu sur ce phénomène.

De quoi ça parle ?

Rick Grimes, un policier blessé en intervention, sort du coma et se retrouve esseulé dans une ville désertée par les vivants. En mauvaise posture face à une horde de zombies, il est sauvé par Glenn et rejoint un groupe de survivants. La série suit le parcours et la survie du groupe mené par Rick dans ce nouvel environnement, hostile et inquiétant.

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Tome 1 de la série en version française

La série de comics est scénarisée par Robert Kirkman (il est d’ailleurs le producteur exécutif de la série télévisée) et illustrée d’abord par Tony Moore puis par Charlie Adlard. Le premier tome est publié en 2003 aux Etats-Unis chez Image Comics. La version française quant à elle, arrive dans nos contrées en 2007 aux éditions Delcourt.

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Suite au succès grandissant du comic book, la série télévisée arrive en 2010 sur les écrans américains . J’ai découvert la série télévisée avant le comic book. Le dessin étant en noir et blanc, ce qui n’est pas ma tasse de thé, je ne l’ai pas lu mais chacun a eu une manière différente d’aborder l’univers de The Walking Dead que ce soit via le comic book, la série télévisée ou les deux.

La série suit un fil rouge commun au comic book mais les deux formats ne sont pas identiques. La série a par exemple intégré des personnages inexistants à l’origine dans le comic book comme l’excellent Daryl qui est un des personnages les plus appréciés de la série télévisée. De la même manière, des faits du format original sont modifiés ou même supprimés à l’écran. De ce fait, les deux supports peuvent s’apprécier séparément sans problèmes.

Le zombie de The Walking Dead, appelé « rôdeur », est un zombie à la Romero : lent et pataud. Malgré ce lien, George A. Romero abhorre la série car il la considère comme « un soap opéra avec occasionnellement un zombie ». Je trouve l’avis de Romero fort réducteur et non représentatif de toutes les qualités qu’offre cette série. Le père du zombie traditionnel aurait-il un problème avec le succès populaire de The Walking Dead ? Il est bien dommage de se buter à un avis si peu constructif donc je vais m’employer à expliquer pourquoi, selon moi, cette série mérite toute notre attention.

Pour ma part, mon premier contact avec la série s’est fait par hasard. Je regardai la télévision tard le soir et je suis tombée sur un épisode de la saison 2 (si mes souvenirs sont exacts) et je me souviens avoir suivi avec attentions les pérégrinations de Rick et sa bande. Peu après, j’ai trouvé le nom de la série, j’ai commencé à regarder et alors ce fut trop tard, j’avais mis le doigt dans l’engrenage de l’addiction.

Pourquoi c’est vraiment cool ?

Le vrai but de The Walking Dead est d’analyser les comportements humains et c’est cet aspect qui m’a plu. Le contexte de l’épidémie zombie est un prétexte, une mise en situation qui permet de mieux explorer les relations humaines. Face à un monde où les repères sont chamboulés, on peut révéler nos pires et nos meilleurs côtés et ce sont ces ambivalences et ces évolutions qui font le sel de la série.

Regarder The Walking Dead c’est comme regarder une expérience de laboratoire où l’on verrai une société se construire et/ou se reconstruire. Les premières saisons mettent  l’accent sur l’adaptation au monde zombie tandis que les plus récentes, une fois que différentes communautés se sont édifiées, montrent les interactions entre ces-dernières avec une ébauche de jeu politique. Tout le monde désire survivre et préserver sa propre communauté (ou ses propres intérêts), seulement le chemin pour y parvenir diffère selon les personnalités et les épreuves traversées. Ainsi, l’angle de vue intéressant de The Walking Dead est d’inverser les monstres : on comprend finalement que le plus grand danger ne vient pas forcément du zombie que vous affrontez mais peut-être du prochain survivant que vous allez rencontrer. Alors oui, Monsieur Romero, le zombie n’est pas omniprésent, mais c’est ce qui fait la qualité de cette série : le zombie est un catalyseur qui met l’humain face à ses peurs et ses paradoxes. Néanmoins, les différentes scènes avec des zombies valent souvent le coup d’œil ! Attention à la tripaille !

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Toutes les saisons ne se valent pas, notamment en terme de rythme, mais on s’attache vraiment aux personnages : leur avenir nous préoccupe, autant leur survie que leur évolution psychologique. Rick Grimes, par exemple, a l’évolution la plus significative. De policier très lisse à leader badass, Rick est passé par de nombreux états et questionnements pour aboutir au statut qu’il a désormais dans la série. Je trouve son cheminement passionnant et très intéressant à regarder.

En bref

Si on est amateur du genre zombie, The Walking Dead est LA série à voir. Vous n’aurez pas du gore gratuit ici car le zombie, parfois dans toute son horreur, sert vraiment le propos et l’intrigue. Les scénaristes savent jouer avec nos nerfs et manient les rebondissements et les tensions avec virtuosité en plus de nous proposer des personnages intéressants et fouillés. Foncez !


Côté bouquins

Tous les livres que je vais vous présenter existent en poche, demandez à votre libraire !

Guide de survie en territoire zombie, Max Brooks (publication 2009 en France, 2003 US)

 

Guide-de-survie-en-territoire-zombieCe petit livre est un bijou, mon préféré de Max Brooks ! L’art et le talent de l’auteur c’est d’arriver à nous faire considérer ce livre comme indispensable ! En effet il parvient à rendre tout son propos très réaliste tellement ses explications et ses conseils sont complets et pertinents. Une petite dose d’humour permet également à l’auteur de créer un lien de connivence avec son lecteur : la lecture n’en est que plus agréable. Grâce à cet ouvrage vous saurez à qui vous avez à faire, comment vous armer, vous défendre, où vous réfugier et pourquoi, survivre psychologiquement, comment vous déplacer etc… Max Brooks achève de donner un cadre réaliste à son propos en nous proposant à la fin du livre une liste des différentes attaques de zombies au cours de l’Histoire (« Liste des épidémies recensées) via des témoignages très concrets et saisissants de réalisme.

World War Z : une histoire orale de la guerre des zombies, Max Brooks (sortie France 2009, 2006 US)

 

458746worldwarzDans ce livre entre roman et reportage, nous découvrons des témoignages de part le monde qui traitent d’une invasion zombie planétaire. Les témoignages sont divisés en trois parties : l’avant ou les prémices, pendant l’invasion et l’après invasion. Ce livre parvient parfaitement à nous plonger dans une ambiance de guerre et de peur. L’art du réalisme est là aussi présent comme dans Guide de survie en territoire zombie. Max Brooks sait disséminer les détails qui nous alertent, décrire la peur au combat et l’impact de l’après. Véritablement passionnant, ce livre se dévore !

Max Brooks fait partie de l’école Romero : ses zombies sont lents et maladroits et toujours avide de chair humaine. Le film éponyme adapté du livre, produit par Brad Pitt et sorti en 2013,  a fait coulé beaucoup d’encre à cause des différences flagrantes entre l’oeuvre originale et le film. Les zombies du film, très rapides et puissants sont complètements différents des zombies de Max Brooks. Ce non-respect du livre a été vivement critiqué par de nombreux fans et par Max Brooks et George A. Romero eux-mêmes. De plus, selon Romero, ce film est la représentation même de la déliquescence du genre zombie à cause de son côté trop commercial et sans messages profonds à la manière de la critique sociétale que lui-même faisait à travers ses films. Qu’on se le dise, j’ai apprécié le film World War Z, qui pour moi est un très bon divertissement de zombie, néanmoins, je trouve effectivement dommage cet écart entre les deux œuvres alors que le film se réclame du livre.

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Extrait du film Word War Z : attaque impressionnante de zombies

→http://www.lefigaro.fr/cinema/2016/11/02/03002-20161102ARTFIG00247-pour-george-a-romero-brad-pitt-a-aneanti-les-films-de-zombies.php

 

La nuit a dévoré le monde, Pit Agarmen ou Martin Page, publié en 2012.

la nuit a dévoré le monde Martin PageCe livre est un court roman vraiment passionnant pour son aspect psychologique. Après une soirée dans l’appartement d’une collègue, le personnage principal se réveille dans un appartement vide et ensanglanté. En regardant dehors, depuis le balcon, il comprend qu’il est cerné par les zombies et là commence une longue période de survie et de solitude. Tout l’intérêt de ce roman est l’évolution psychologique du personnage face à un isolement forcé et un encerclement oppressant provoqué par les zombies. Cette évolution est d’autant mieux amenée qu’elle est écrite sous la forme d’un journal. Tout est mis en oeuvre pour que l’on ressente tout ce que le personnage ressent, le tout est très immersif et donne à réfléchir. Une petite pépite très sympa ! ET apparemment il y a une adaptation cinématographique en cours …


Côté Films

Dernier train pour Busan, réalisé par Sang-Ho Yeon, sorti en août 2016.

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Ce film d’horreur coréen a été présenté en séance de minuit lors du Festival de Cannes de 2016. Son succès est plutôt confidentiel mais il a été encensé par la critique et les spectateurs qui l’ont vu et à juste titre ! Ce long-métrage est le meilleur film de zombie de ces dernières années.Vraiment. Il vous scotchera à votre siège/canapé/lit/, un pur moment de cinéma.

De quoi ça parle ?

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Un jeune père divorcé, Sok-woo, promet à sa jeune fille, Soo-ahn, de l’amener voir sa mère qui habite à Busan car la petite se sent délaissée par son over-booké de père. Alors qu’ils montent dans le train qui les mènera à Busan, les gens sur les quais se font attaquer et une jeune fille, apparemment souffrante, monte in-extremis à bord. Vous l’aurez compris, c’est le début d’un joyeux bordel.

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Dernier train pour Busan fait irrémédiablement pensé à Snowpiercer car les deux films se passent dans un train et sont le théâtre d’une lutte violente et d’autant plus impressionnante qu’elle se déroule dans un espace confiné et étroit comme le sont les wagons d’un train. Les scènes d’action et de combat sont très bien réalisées et réalistes, ce qui permet d’instaurer un vrai climat de tension et de pression

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Les points forts de Dernier train pour Busan ne sont pas seulement l’action et des zombies convaincants. Les personnages font partie intégrante du succès du film. Ils sont recherchés, intéressants et variés mais surtout, ils ont une évolution au cours de l’histoire.

Enfin, le questionnement, le message de Dernier train pour Busan est, selon moi, de remettre en question l’impact des activités humaines ainsi que l’égoïsme de notre espèce face à son environnement mais aussi face à ses pairs. Le film propose également en substance, une fine analyse et démonstration de la peur et de l’effet de groupe en situation de stress intense.

Je n’en dirais pas plus sur cet excellent film et vous conseille vraiment de sauter dessus si ce n’est pas déjà fait !

The Girl with all the gifts / The Last Girl – Celle qui a tous les dons

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Réalisé par Colm McCarty, sorti en 2016 au Royaume Uni, la sortie française est prévue pour juin 2017 donc pour l’instant il est accessible uniquement en VOST.

Ce film britannique est l’adaptation du roman du même nom, écrit par M.R Carey. L’intrigue est la suivante : un groupe d’enfants particuliers est étudié au sein d’une base militaire. Leur particularité est d’être des « hungries », des humains contaminés par un champignon qui les rend cannibales.

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La mise en scène est somme toute standard mais l’intérêt de ce film passe d’abord par la transmission du virus. Cette dernière est fongique, c’est-à-dire qu’elle opère via des champignons, ce qui est assez original et aura son importance dans l’histoire. Le second point novateur est le final de l’intrigue (promis je ne spoile pas). La fin de cette histoire et la manière dont elle est amenée bouscule totalement l’approche que l’on a en général des apocalypses zombie. Là est toute la force de ce film : il nous pousse vraiment à réfléchir différemment sur le problème zombie et notre rapport avec eux.

Pour cette raison je vous invite vivement à le découvrir lors de sa sortie prochaine en juin !!


Côté comédie

Si vous voulez du zombie,  du gore et un bon moment de rigolade foncez sur ces deux pépites du genre !

Shaun of the dead

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Shaun of the dead – 2004

Réalisé par Edgar Wright et sorti en 2004, Shauf of the dead, est un régal ! Nous suivons deux compères qui vont tenter malgré une invasion de zombie de recoller le couple de l’un deux. Un vrai mélange d’absurde et de gore, j’adore !

Bienvenue à Zombieland

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Bienvenue à Zombieland

Avec un casting aux petits oignons, cette comédie horrifique en a charmé plus d’un. Elle a été réalisé par Ruben Fleischer et est sortie dans nos salles en 2009. Nous y suivons le parcours de quatre personnages profondément différents qui vont devoir s’entraider pour survivre au milieu des zombies. Mon personnage préféré est le génial Tallahassee, joué par l’excellent Woody Harrelson : un cowboy des temps modernes dont les deux uniques buts sont de dézinguer du zombie et de mettre la main sur des Twinkies (des biscuits très populaires chez les Américains).

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Woody Harrelson dans le rôle de Tallahassee

Bienvenue à Zombieland est assez connu mais si vous ne l’avez pas vu, ce manquement se doit d’être rectifié !

Warm Bodies

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Warm Bodies a été réalisé par Jonathan Levine et est sorti en 2013

Ce film oscille entre comédie, romance et horreur. Deux camps s’affrontent et se jaugent : les humains survivants d’un côté et les zombies de l’autre. L’originalité c’est que l’on ne voit pas les zombies de l’extérieur avec l’œil des survivants mais bien de l’intérieur. En effet, on suit les pensées décousues d’un zombie, « R. », ses états-d’âmes (car il en a), ses tentatives de se rappeler sa vie d’avant et ses observations sur son monde. Lors d’une attaque pour se nourrir, R. décide d’aller contre sa nature et de sauver une humaine et de la protéger. De leur drôle de relation, entre méfiance et curiosité, un nouvel ordre des choses semble possible. Un peu d’humour et de romantisme, des effets spéciaux plutôt réussi, Warm Bodies est un film de zombie feel-good qui se laisse regarder avec plaisir.


Côté Bande-dessinée

La série Alice Matheson publiée aux éditions Soleil dans la collection « Anticipation »

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Il existe de nombreuses bd sur le thème des zombies mais Alice Matheson se démarque du fait de son intrigue originale. Nous assistons au fil des différents tomes à une invasion zombie et ses conséquences , un postulat plutôt vu et revu sauf qu’en fait pas tant que ça. En effet, le personnage principal, la fameuse Alice Matheson, est une dangereuse infirmière qui adore achever ses patients. Lorsqu’elle se rend compte que ses anciennes victimes se relèvent d’entre les morts, elle se retrouve alors dans une situation inédite, dont elle essaiera de tirer profit… Entre thriller et apocalypse zombie, cette bd savoureuse mérite vraiment le coup d’œil !


Conclusion

J’espère vous avoir donné envie de lire/regarder certaines de ses œuvres si ce n’est pas déjà fait et que ces deux articles vont ont permis de mieux comprendre ce genre si particulier. Ce fut un plaisir de passer avec vous cet agréable moment en terre zombie !

À bientôt pour de nouveaux articles !

La petite créature

Une réflexion sur “Zombie mon amour (partie 2)

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