Les films d’horreur partie 1 : aborder le genre

Il y a quelques semaines, une personne de mon entourage m’a dit : « Je ne comprends pas que toi qui est si angoissée tu puisses aimer les films d’horreur ».  Alors oui je suis plutôt du genre angoissée mais pour autant j’adore les films d’horreur ! Pour moi ça n’a absolument rien à voir. Mais attendez, pourquoi au juste ? Cette remarque m’a fait réfléchir. Mon cerveau a commencé son habituel manège et cette affaire m’a turlupiné un bon moment. C’est pourquoi j’ai sérieusement commencé à m’intéresser à la question et à explorer mon rapport aux films d’horreur et plus généralement pourquoi certaines personnes les aiment .

C’est parti !

Le pourquoi on aime les films d’horreur sera abordé dans la partie 2. Dans ce premier article, j’essaierai au mieux de définir le film d’horreur et son histoire. Ainsi, on saura tous de quoi on parle et on pourra plus facilement naviguer entre les différentes notions de ce genre particulier du cinéma.

Qu’est-ce qu’un film d’horreur ?

Scream Queens, série de comédie horrifique

Un film d’horreur est un film dont l’un des buts principaux est d’inspiré la peur (Merci CaptainObvious, on s’en serait pas douté). Tantôt dérangeants, effrayants, dégoûtants, tétanisants ou même hilarants les films d’horreur sont d’une incroyable variété. Chacun est susceptible de trouver un type de film d’horreur qui lui convienne grâce à la richesse des thématiques explorées, des différents tons et également des mélanges de tons !

Quelques sous-genres

Le cinéma d’horreur regorge de sous-genres. Pour une meilleur compréhension, il est donc nécessaire d’en expliciter certains.

La comédie horrifique par exemple est un mélange de comédie et de films d’épouvante : Bienvenue à Zombieland par exemple est une comédie horrifique ou encore Tucker et Dale fightent le mal, les Scary Movie

Scary Movie, 2000, Keenen Ivory Wayans

Le slasher est un film où un tueur fou s’en prend successivement à plusieurs personnes, souvent issus d’un même groupe d’amis ou de connaissances.

Le found footage est un film qui se caractérise par sa forme. Un film en found footage est un film dont le corps est composé principalement d’images (faussement) amateurs, la plupart du temps retrouvées après la disparition de plusieurs personnages. Les images peuvent êtres issues de caméras abandonnées ou de caméras de surveillance comme c’est le cas avec Paranormal Activity par exemple. Le but de ce format est d’insister sur la « crédibilité » de l’histoire.

Le torture porn est un genre particulier qui repose essentiellement sur la souffrance des personnages. Ces derniers sont contraints à des choix inhumains, sont torturés physiquement et/ou psychologiquement.

Gojira Godzilla

Godzilla, 1954

Les films de Kaijus sont à part dans le cinéma d’horreur car ils regroupent plusieurs genres. Ils sont ainsi dans la catégorie des films de monstres et peuvent également se rapprocher des films catastrophes. Les Kaijus sont les monstres du cinéma japonais. Le mot « kaiju » est l’association de deux autres : « Kai » qui signifie étrange et « Ju » qui signifie animal. Ces animaux étranges, ces monstres, ont la particularité d’être très grand comparé aux monstres occidentaux. En effet leur nom d’origine est Daikaiju or « Dai » se traduit par grand. Cela est dû au fait qu’au Japon et en Orient en général, le « monstre » n’a pas la même image, ni la même fonction qu’en Occident. Les japonais voient dans le monstre une personnification de la nature même, comme une sorte de divinité d’où sa stature imposante. Le plus célèbre Kaiju est bien entendu Godzilla qui inaugurera le genre des films de Kaijus en 1954 avec Gojira. Il existe bien d’autres Kaijus mais parmi les plus récents on peut citer la créature coréenne de The Host réalisé par Bong Joon-ho ou encore Pacific Rim réalisé par Guillermo del Toro. Dans ce dernier les monstres extraterrestres sont littéralement appelés des Kaijus.

« Petit » historique horrifique

Pour cet historique du film d’horreur, je me suis principalement aidé de l’excellent livre  Le Cinéma d’Horreur, publié aux éditions Taschen. Il regorge d’informations passionnantes, et se pose véritablement comme une bible pour quiconque aime ce type de cinéma. Si vous souhaitez en savoir plus, n’hésitez à vous procurer ce super bouquin chez votre libraire (il coûte une quinzaine d’euros) ou à l’emprunter en bibliothèque.

atmosphère gothique, une allégorie

La base du film d’horreur, historiquement parlant, trouve sa place dans les classiques littéraires fantastiques. Tout d’abord, il y eu les romans gothiques anglais du 18e et 19e siècle. Ann Radcliffe ou Horace Walpole (pour ne citer qu’eux), à qui l’on doit respectivement Les Mystères d’Udolpho et Le Château d’Otranto, vont, à travers leur plume, inaugurer une atmosphère typique des films d’horreur : l’atmosphère gothique. En effet, le style gothique provient d’un engouement inattendu pour l’ancienne esthétique médiévale. Cette esthétique donne sa part belle au lugubre, à l’imposant (cathédrale, château …), à tout ce qui est en ruine, à l’abandon ou évoquant la mort (cimetière, catacombes…) ainsi qu’à tout élément naturel qui rappelle l’obscurité et la nature implacable. Ainsi, dès la littérature gothique, on met en avant le temps de la nuit, moment phare du mystère et de la peur. En effet, quand on est dans l’obscurité, le trouble peuple chaque coin sombre grâce au merveilleux pouvoir de l’imagination.

En plus de ces classiques gothiques, le cinéma d’horreur possède de solides fondations à travers les classiques fantastiques du 19e siècle (Dracula, Frankenstein, L’étrange Cas du docteur Jekyll et M.Hyde …) dont les multiples adaptations cinématographiques préfigureront les films d’horreurs modernes.

Cabinet docteur Caligari Wiene cinéma expressionniste

Le cabinet du Docteur Caligari, 1920, de Robert Wiene, oeuvre majeure du cinéma expressionniste allemand

Les plus anciennes de ces adaptations arrivent dès le début du 20e siècle avec notamment le cinéma expressionniste allemand qui donna entre autre chef d’oeuvre Nosferatu le vampire – une symphonie de l’horreur réalisé par Fiedrich Wilhem Murnau en 1922. Ce film, adapté du roman Dracula, est une pierre fondatrice du cinéma d’horreur.

Nosferatu le vampire – une symphonie de l’horreur, 1922

Néanmoins, tout le cinéma expressionniste allemand participe à la naissance du film d’horreur grâce à sa mise en scène et ses thèmes caractéristiques. La spécificité de ce cinéma expressionniste est justement l’expression des émotions. Cette expression se traduit via une mise en scène décalée, des décors très graphiques, parfois du surjeu (les premiers films de ce cinéma sont muets) ainsi que des jeux de lumière : l’émotion doit se ressentir et transpirer à travers tous les éléments du film (acteur, décor, jeu). Le cinéma expressionniste allemand a permis l’émergence du genre de l’horreur au cinéma tout en proposant un travail poussé de la mise en scène. Vous ne vous en doutez peut être pas, mais vous avez sûrement déjà vu des films qui ont été inspirés par cette esthétique particulière. En effet, le cinéma expressionniste allemand inspirera de nombreux réalisateurs très connus comme Tim Burton et David Lynch mais également certains acteurs dans leur façon de jouer, notamment Johnny Depp, acolyte de Tim Burton (artistiquement ils se sont bien trouvés) !

Court-métrage Vincent de Tim Burton, 1982

Je trouvais important de détailler le tout début du film d’horreur car il y avait beaucoup à dire. Néanmoins pour le reste de la chronologie, je vous laisse avec ce schéma explicatif, qui je l’espère, vous aidera à saisir le principal dans l’histoire du cinéma d’horreur !

Histoire cinéma d'horreur Chronologie film d'horreur Nosferatu Godzilla Psychose Les dents de la mer Alien Halloween La Mouche Hellraiser Le Silence des Agneaux Scary Movie Slasher

Evolution du cinéma d’horreur

On se retrouve bientôt pour la suite de l’article mais en bonus, pour vous prouver ma bonne foi, voici un extrait d’un film d’horreur où les méchants sont vraiment des lapins.

Night of the Lepus (ou Les Rongeurs de l’Apocalypse) réalisé en 1972 par William F. Claxton.

Un chef d’oeuvre

Sources / Pour aller plus loin :

  • Livre : Le cinéma d’horreur, publié chez Taschen. Cette édition a été dirigée par Paul Duncan et Jürgen Müller. Le résultat ? 640 pages de pur bonheur pour seulement 14.99 €.
  • Le très bon site Le monde des Kaijus
  • Pour le cinéma expressionniste allemand :  L’Odyssée du cinéma  et Apprendre le cinéma
  • Pour plus de lexique autour du film d’horreur  voici l’excellent site Les Ingoruptibles
  • Pour aborder le genre gothique : le blog Tower of Darkness
  • Les images viennent quasiment toutes d’Allocine et les gifs de Giphy

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