Série : Légion, l’ovni sériel qui fait du bien

On entend de plus en plus parler de Legion, une série de super-héros créée par Noah Hawley, qui prend place dans l’univers Marvel. Le personnage de Légion, c’est à dire David Haller (interprété par Dan Stevens), est issu en particulier du cercle des X-Men et apparaît pour la première fois dans un comic-book intitulé Nouveaux Mutants en 1985. La série s’inspire de ce personnage, disons…particulier.

Legion Noah Hawley Marvel

Vous le savez peut-être mais les super-héros c’est rarement ma tasse de thé, à part pour de rares exceptions, mais vu les critiques quasi unanimes sur Legion, j’ai décidé de jeter un œil. C’est comme ça que mon homme et moi, on s’est retrouvé devant notre écran. Et bien qu’elle expérience !

Legion est un ovni. Véritablement. C’est un ovni parmi l’univers filmique des super-héros à quasiment tous les niveaux et ça fait du bien ! Cette série apporte du nouveau, une bouffée d’air frais à cet univers parfois redondant, j’ai tout bonnement adoré et je ne m’y attendais pas.

De quoi ça parle Legion ?

On suit la vie très complexe de David Haller, un homme sujet à de nombreux soucis qui se retrouve en hôpital psychiatrique pour schizophrénie. C’est dans ce lieu qu’il va faire une rencontre décisive et s’apercevoir de ses talents psychiques.

Pourquoi c’est bien Legion ?

Si Legion est aussi qualitative c’est parce que le fond et la forme se répondent parfaitement. Je m’explique. La série se concentre énormément sur la vie psychique des personnages et notamment celle de David.

On fouille dans la psyché, l’esprit. On décortique les mécanismes psychologiques, les désirs profonds, les souvenirs, l’enfance, et surtout les peurs. David est un homme meurtri par la maladie, son esprit lui joue des tours et il a souvent abusé de produits illicites : il danse dangereusement avec la folie. Afin d’y répondre, la série elle même en vient à perdre le fil et devenir folle.

Ainsi la narration est hasardeuse bien que maîtrisée avec des digressions irréelles et des scènes totalement dans la rupture de ton. Il n’est alors pas rare que la narration soit interrompue par des séquences farfelues et psychédéliques. On trouve également beaucoup de scènes sur fond blanc dont le but est d’expliquer une notion, un concept au public : le fond blanc permet l’emphase sur ce qui est dit et montré à ce moment précis.

on en parle de la scène de battle de danse dans la saison 2 ? Best scene ever ♥

Le visuel et la mise en scène, eux, jouent des effets de miroirs, de l’obscurité et des lumières avec des décors géométriques et souvent labyrinthiques. La mise en scène et la narration n’illustrent pas la folie, elles l’incarnent. Et c’est aussi perturbant que magnifique.

Legion, Noah Hawley, FX

Legion, Noah Hawley, FX, Rachel Keller en tant que Sydney Barrett

Si vous souhaitez un comparatif, la qualité et l’atmosphère visuelle m’a fait penser à celle d’American Gods surtout en ce qui concerne les lumières et les couleurs utilisées dans les scènes d’errances psychiques : du flou, du vaporeux mais aussi beaucoup de contrastes et de couleurs.

Néanmoins, quand la narration se passe dans le réel (ou du moins ce qui y ressemble), c’est dans des décors très seventies que vous êtes accueilli au contraire d’American Gods qui est plus moderne. Et concernant le son et la musique, c’est parfait ! Une sélection variée assez dingue composée à la fois de titres célèbres (dont certains de Nina Simone, Gainsbourg, ou même le boléro de Ravel) mais aussi d’ambiances sonores très prenantes et hypnotiques.

Alors même que l’action n’est pas intense, je me surprenais à avoir l’impression que les épisodes duraient trop peu, que le temps filait de manière malhonnête quand j’étais devant la série. En fait, je pense que Legion m’accaparait totalement. Je plongeai avec elle dans les méandres et l’absurde et le temps glissait sur moi sans que je ne m’en rende compte et c’est assez rare pour que je le souligne.

Les angoisses de David ont fortement résonné en moi tant la série rend bien compte de l’effroi parfois incontrôlable des peurs d’enfants et des peurs tout court. De plus, les personnages et leurs pouvoirs de mutants sont tous plus passionnants les uns que les autres. Mention spéciale à Aubrey Plaza qui incarne Lenny, mon personnage favori, sûrement parmi les plus fous et déviants de la série.

Aubrey as Lenny

Avec une telle originalité,  il est possible que la série soit clivante et ne plaise pas à tout le monde. Néanmoins, pour peu que vous acceptiez le contrat décalé de la série et que vous vous laissiez guider sans poser de questions vous pourriez bien vivre une sacrée expérience télévisuelle. Parole de petite créature !

 

Alors, ça vous dit une plongée sans retour dans le psychédélisme le plus pur ?

 

3 réflexions sur “Série : Légion, l’ovni sériel qui fait du bien

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