Peut-on être trop féministe ?

Il y a peu on m’a dit que j’étais une féministe extrémiste… j’ai pas compris.

Nan mais vraiment hein, mon cerveau a buggé à la suite de cette phrase et j’ai donc eu envie de poser la question : peut-on être trop féministe ? Ou alors le féminisme va-t-il trop loin ? Y’a t-il un extrême dans la féminisme ?

Mais avant de poursuivre la réflexion, revenons aux fondamentaux :


Féminisme, déf : Mouvement social qui a pour objet l’émancipation de la femme, l’extension de ses droits en vue d’égaliser son statut avec celui de l’homme, en particulier dans le domaine juridique, politique, économique.

(Je sais pas si t’as vue mais ce qui est en gras c’est le truc très important dans la phrase, je dis ça je dis rien)

Je rajoute également qu’il existe différents courants dans le féminisme (inter-sectionnel, universaliste, écoféminisme, afro-féminisme, différentialiste, pro-sexe …). Ces courants ont évidemment des bases communes et partagent nombre de valeurs mais se scindent sur certains points précis ou certaines orientations globales dans lesquelles s’incorporeraient le féminisme.

Extrémisme, déf : Comportement politique consistant à défendre les positions les plus radicales d’une idéologie ou d’une tendance.

Radical.e, déf : Relatif à la racine, à l’essence de quelque chose. Qui concerne le principe premier, fondamental, qui est à l’origine d’une chose, d’un phénomène. Qui a une action décisive sur les causes profondes d’un phénomène. Complet, total, absolu; sans exception ou atténuation.


Une parole « trop » présente

Alors en quoi peut-on être considéré comme une féministe extrémiste ? Il y a plusieurs réponses. Dans mon cas, il ressort que c’est surtout dû à ma propension à en parler souvent. Effectivement je dois l’avouer je parle très souvent de féminisme. Pour la simple bonne raison qu’il me semble indispensable d’en parler, de partager autour de ce sujet. Quand vient à mes oreilles une remarque qui me chiffonne ou quand j’ai eu connaissance d’une polémique, j’estime qu’exprimer mon opinion participe tout simplement à informer. Si aucune féministe ne l’ouvre dans des situations sociales (en famille, entre amis…) bah ça va être compliqué de faire progresser le schmilblick ! La parole est plus libérée sur internet et c’est chouette d’avoir cet espace là pour causer féminisme mais en parler dans nos vies, avec nos proches, c’est important.

Il y a en effet tellement de préjugés sur le féminisme et le sexisme qu’il faut régulièrement déconstruire les fantasmes autour de ces notions pour un meilleur avenir. On ne cesse de parler de l’importance de l’éducation, comme quoi il est primordial d’éduquer nos enfants dans une démarche féministe avec moins de préjugés, mais on peut aussi éduquer les grands enfants que sont les adultes. Après je ne dis pas qu’il faut être branché H24 en boucle, il y a des moments qui se prêteront mieux que d’autres à ce genre de conversation mais être prompt.e par exemple à ne pas laisser passer un propos déplacé ou un a priori me semble nécessaire et utile. Il peut y avoir une impression de trop plein car l’on vit une période remplie de bouleversements où les femmes partagent  et témoignent de plus en plus, notamment suite à #Metoo. Il est évident que passer d’une période plus calme en terme de revendications et de messages féministes à un moment où clairement il y a de la prise de parole et de la prise de pouvoir sur des tas de sujets liés à cette thématique, ça peut faire drôle mais il le faut !

Pour finir sur ce point précis j’aimerai vous parler de deux choses, et tout d’abord de ma sœur Virginie. Elle tient un blog, Happyvirginie.com où elle parle entre autres d’écologie via le zéro déchet qui chez elle, s’effectue en famille ! Ma sœur parle BEAUCOUP d’écologie et de zéro déchets, parfois ça peut sembler envahissant mais force est de reconnaître que grâce à sa parole engagée, son discours militant et le fait qu’elle montre l’exemple le plus possible dans ses différents cercles (familial, amical et professionnel), beaucoup de personnes autour d’elle ont adopté des gestes plus écologiques et ont pris conscience de leur consommation ! Comme elle le dit souvent, en agissant comme elle le fait, son but est de planter des graines et d’espérer qu’elles germent dans l’esprit des gens qu’elle rencontre et côtoie. La graine ne prend pas toujours mais sa parole parfois jugée « trop » a permis d’éveiller des consciences, et elles sont nombreuses.

Dans mon propre cas, je vous citerai un exemple qui a eu lieu dans mon cercle d’amis. Mon chéri m’a dit y a plusieurs semaines qu’un ami à nous lui avait confié une chose qui m’a étonné mais m’a beaucoup touché. Il a dit à mon homme qu’après mûre réflexion, il avait fini par se ranger à mon avis qui était celui que les mots avaient un impact et qu’il fallait donc faire attention à ses paroles, même celles que l’on considère parfois comme inoffensives de notre point de vue. Cela m’a beaucoup touché : la graine avait germé chez quelqu’un.

Des combats jugés futiles

Ensuite, au vu des réactions j’ai compris que mon « extrémisme » pouvait venir de l’éventail des luttes que je défends au sein du féminisme. Ainsi, je soutiens la féminisations des noms de métiers, l’écriture inclusive, l’arrêt de l’humour sur les discriminé.es au même titre que les combats contre les violences conjugales, les agressions sexuelles ou les mutilations génitales, et ce, tout simplement parce que les victoires des premières participent à favoriser l’éradication des secondes DURABLEMENT.

Le sexisme, la culture du viol sont des pyramides

l'iceberg de la violence sexiste féminisme

L’écriture inclusive, l’arrêt de l’emploi du terme « Mademoiselle » dans l’administratif, râler sur le harcèlement de rue ou sur les blagues lourdes paraissent comme non prioritaires car a priori n’impliquant pas de violences physiques. Mais la vérité c’est qu’il n’y a pas de priorités : tout doit changer dans de nombreux domaines, sur différentes échelles pour que les droits et la vie quotidienne des femmes s’améliorent autant sur le plan légal que dans la réalité de leur vies. En effet on sait qu’il y a un fossé entre ce que la loi dit et son application concrète. En occident et notamment en France, beaucoup de personnes disent qu’on a plus besoin du féminisme. Grossière erreur. Il y a eu beaucoup de progrès c’est vrai mais définitivement pas assez pour considérer l’égalité comme acquise de manière pleine et entière. Dois-je rappeler que tous les trois jours une femme meurt sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint ? Et les féminicides assumés aux États-Unis ?

Mais au fait qu’est-ce qu’un féminicide ? – L’Obs

Féminicide Ose le Féminisme

Il n’y a pas de combats futiles dans le féminisme car pour que les pires cruautés cessent on doit couper le pied sous l’herbe du patriarcat en déconstruisant le sexisme jusque dans les détails les plus triviaux. Encore que le langage n’est pas si trivial puisqu’il est profondément porteur de sens : c’est via le langage que nous dessinons mentalement notre environnement et que notre pensée s’organise. C’est pourquoi la féminisation des noms de métiers est important car c’est propager mentalement l’idée censée que tous les métiers, y compris ceux de « prestige » ou de pouvoir peuvent être exercés par des femmes. De même pour l’écriture inclusive car n’est-il pas triste d’inculquer à des enfants que le masculin l’emporte sur le féminin ? Ne nous leurrons pas, ce n’est pas parce que c’est une règle d’accord qu’elle n’a pas d’incidence sur la représentation du monde que se font les enfants.

Campagne Mademoiselle La case en trop Osez le féminisme Chiennes de Garde

Comme le dit Antastesia dans sa vidéo sur la radicalité : « J’ai rarement vu des moyens efficaces de lutter contre un problème sans s’attaquer aux racines du problème. Quand on soigne une maladie, on soigne la cause, on ne se contente de diminuer ou d’éradiquer les symptômes. »

Faire des compromis c’est bien mais pas suffisant pour un changement durable. Les lois c’est bien mais ça ne veut pas dire que tout est réglé. Comment voulez vous que des horreurs s’arrêtent si on ne fait pas comprendre que la volonté qui sous-tend ces actes repose sur des a priori, des préjugés ? Décortiquer tout cela c’est littéralement ça la radicalité. Est-ce si mal que ça ? Je ne crois pas.

« Françaises, Français » : arrêtez de polémiquer, l’écriture inclusive n’a rien de nouveau à part son nom ! – par Eliane Viennot chez Néon

Comment j’ai compris que le débat sur «Mademoiselle» et les jouets roses, c’est fondamental – par Jaddo sur Slate

La crainte du matriarcat et de la misandrie : le mythe de la feminazi

Quand les gens veulent condamner le féminisme en lui affublant l’adjectif « extrémiste » il se justifie en disant que quand même il ne faudrait pas arriver à un renversement de situation, c’est-à-dire un matriarcat. Certains et certaines pensent que la prise de parole et les prises de position féministes témoignent d’une haine des hommes. L’argument des « féministes moches et mal baisées » a encore malheureusement quelques beaux jours devant lui tellement on pense qu’une féministe est une personne aigrie qui déteste les mecs. On peut voire ce genre de réactions quand une féministe parle du groupe social « les hommes » et très souvent, car c’est le groupe dominant, des « hommes blancs et cisgenres ». Certaines personnes le prennent personnellement en affichant des « Mais moi je suis pas comme ça » ou des #notallmen, alors que la réflexion porte sur des groupes sociaux.

Les féministes ne s’attaquent pas personnellement à chaque individu masculin (on est pas débiles merci). On remet en cause un système, des préjugés et des valeurs biaisées.

Et si d’aventures une femme avance une volonté de renversement dans la domination et pas l’égalité et l’équité, ce n’est tout simplement pas une féministe puisque bordel je le répète le but c’est d’égaliser le statut de la femme avec celui de l’homme pas d’asservir les mecs. La feminazi c’est un monstre fantasmé par celles et ceux qui ont peut être du mal à remettre en question leur éducation, leur environnement ou leurs croyances. Des misandres existent, des connasses aussi, comme partout, mais le féminisme dans sa définition intrinsèque c’est un pas vers l’avant pour tout le monde. Féminisme n’est pas un gros mot et la vision d’harpies aigries, elle, est un pur cliché.

D’ailleurs, attention à ne pas confondre les messages de sororité, « d’empoworment » type « Girls Power » ou « The Future is Female » avec une volonté de domination. C’est uniquement des appels à la motivation, à l’entraide et à la mobilisation. Et puis quand on sait que les derniers siècles, ont été indéniablement masculins, on peut se permettre de souhaiter un monde plus féminin, c’est à dire un monde où les femmes sont tout aussi présentes et respectées dans la sphère publique et privée. Alors respirez un coup, promis vous craignez rien.

On reproche également aux féministes de ne pas comprendre que les hommes souffrent aussi. Les hommes souffrent on ne dit pas le contraire, il y a des tas de situations particulières où un homme est en souffrance. De fait des hommes sont violés, des hommes sont victimes de violences conjugales, des hommes galèrent vraiment dans leur vie (inégalités sociales etc…) et il faut les aider, respecter leur parole et leur souffrance. Il est de notre devoir en tant qu’humains d’accompagner la personne dans ce genre de situations, hommes comme femmes, avec respect et empathie. La bienveillance doit être de mise et parler à un homme victime de violences avec dédain dessert tout le monde donc si on est vraiment féministe on doit recueillir cette parole avec respect. Néanmoins, d’un point de vue systémique, une femme part bien moins lotie dans la vie du fait de son genre par rapport à un homme, c’est un constat, pas une déclaration de guerre envers les hommes ou un signe de mépris. Les chiffres le prouvent et ce n’est pas parce que certains vivent des expériences individuelles inverses que l’on doit remettre en cause une globalité et un fonctionnement systémique qui en MAJORITÉ fait souffrir et tue des femmes…parce que ce sont des femmes.

J’ajouterai que dans une démarche d’égalité, le mouvement féministe s’engage aussi à montrer que le patriarcat est un piège pour les hommes. La masculinité toxique est de plus en plus abordée et c’est tant mieux ! Car oui le but du féminisme c’est de soulager les deux genres des préjugés qui leurs sont assignés. Spoiler alerte : le féminisme c’est donc chouette pour tous les camps !

Ensuite cet argument m’énerve car cela permet à certains hommes de se dédouaner de leur responsabilité ou de leur propre potentiel d’action. Des femmes ont pris l’initiative d’aborder ces sujets (cf la liste de ressources en dessous par exemple) mais qu’attendent plus hommes pour faire de même ? Heureusement il y en a (toujours cf la liste en dessous), et de plus en plus d’ailleurs, mais il est triste de constater que certains s’en prennent injustement au féminisme (coucou le masculinisme par exemple) alors que le mieux serait de travailler main dans la main.

Concept à la loupe : C’est quoi le masculinisme ?

Je pense sincèrement que l’on peut prendre en compte la parole masculine tout en expliquant et en dénonçant les mécanismes discriminatoires d’un groupe social sur l’autre. Le féminisme vise à déconstruire ce genre de dynamiques et souhaite pour tous et toutes une société plus juste, plus équitable, plus souple (car avoir des trucs binaires et se ranger dans des cases, ça va deux minutes), bref plus libre et saine !

Quelques ressources sur la masculinité :

Le podcast Les Couilles sur la table par la féministe Victoire Tuaillon

→ Le podcast The Boys Club sur Madmoizelle par Mymy où un homme est invité à parler de son rapport à son genre

Le blog du Mecxpliqueur : le blog (d’un mec) qui explique la vie aux mecs

Le tabou autour des hommes victimes de violences sexuelles est-il en train de disparaître ? par Mymy sur Madmoizelle

→ Livre Le Mythe de la Virilité par Olivia Gazalé

→ Livre Alpha mâle. Séduire les femmes pour s’apprécier entre hommes par Mélanie Gourarier

→ Livre Descente au coeur du mâle par Raphaël Liogier

→ Le documentaire The Mask You Live In

Les féministes sont trop violentes dans leur manière de parler et d’agir

Bon là c’est la partie du « non mais la forme nuit au message ». Je dirais plutôt que parce qu’on ne veut pas voir le fond du message on s’attaque à la forme mais bon on va approfondir la chose car les préjugés sont tenaces et parfois l’incompréhension règne.

On accuse les féministes (mais pas que, ça marche pour les vegan/végétariens et pour toutes les causes) de parfois s’emporter, d’être trop véhémentes, de s’exprimer avec colère. Je suis désolée mais il est normal que certaines personnes soit en colère car il y a de quoi ! Et demander à ces personnes qui veulent un monde plus juste de parler plus gentiment, c’est leur ôter le droit à cette colère et c’est donc ne pas la légitimer.

Antastesia : « On peut dire des choses très sensées en étant énervé.es

Les Femen, par exemple, cristallisent sur de nombreux points ce qui est considéré comme un militantisme trop « violent ». Étrange quand on comprend qu’en dépit de leur aspect souvent spectaculaire, leurs actions sont toujours pacifiques. Je comprends et respecte les Femen de tout mon coeur même si je ne suis pas d’accord avec elles sur absolument tous les points. D’ailleurs, dans ma pile à lire m’attend sagement un ouvrage écrit par quatre d’entre elles avec l’aide de la journaliste Galia Ackerman, il me permettra d’encore mieux comprendre l’essence du mouvement.

À mon sens, il faut une pluralité dans la transmission des messages. Il faut que des gens s’expriment avec colère, il faut que d’autres personnes s’expriment de manière plus douce et avec pédagogie, il faut également des personnes entre les deux. Il faut absolument du radical mais aussi du compromis. Il faut pleins de messagers et de messagères différentes, des médiums différents pour que le message soit transmis en masse. Et ce, parce que tout le monde ne réagit pas pareil aux différentes façons d’agir et de parler dans le militantisme. Pour certaines personnes, voir un ou une militante parler avec colère, cela va les rebuter. Mais pour d’autres, cette émotion, cette rage va toucher quelque chose chez eux ou elles et les pousser à réfléchir, agir, vouloir comprendre.

Alors, peut on-être trop féministe ?

Donc, si on pense que je suis une féministe extrémiste parce que je suis radicale, parce que je déconstruis des schémas, parce que je parle beaucoup de féminisme, parce que je comprends et soutiens les Femen, parce que parfois je m’énerve, parce que j’insiste sur des détails bah écoutez … je n’ai qu’une chose à dire : merci du compliment !

Vous l’aurez compris, selon moi on ne peut pas être trop féministe. Je laisse le mot de la fin à Christine Delphy :

« Quand une féministe est accusée d’exagérer, c’est qu’elle est sur la bonne voie. »

Avec Amour, à plus dans le chaudron !

illustration de couverture par Sofia Zabala

http://www.sofiazabala.com/protest-art

 

14 commentaires

  1. Boldreadings

    Ton article est GÉNIAL !! Je me suis retrouvée dans tout ce que tu as dit !
    Je suis moi aussi qualifiée d’extrême dans mon féminisme, parce que je relève tous les petits détails qui passent inaperçus pour beaucoup, mais qui m’agacent. Une réflexion dans la rue, une scene de viol dans un film, la blague vaseuse d’un copain… du coup je culpabilise, et je me demande si parfois je ne vais pas trop loin. Mais en lisant ton article, je me dis que non. Que finalement je ne suis pas si virulente que ça, et que, comme tu dis, il faut bien que quelqu’un.e ouvre la bouche et dise les choses !
    Alors merci pour cet article qui fait du bien, et qui remet les points sur les i concernant le féminisme !

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  2. Happy Virginie

    Non mais comment ça je parle « trop » d’écologie et de Zéro Déchet??? 😂 merci pour la dédicace ma soeurette qui me va droit au coeur car tu le sais je suis aussi une féministe engagée et te soutiens à 1000% nos débats en famille sont vifs mais nous sommes toujours d’accord sur ces causes qui nous animent… et tu sais quoi ? Pour être sur de nombreux groupes ZD/écolos et cie … ce sont les femmes qui prennent conscience de la nécessité de consommer autrement et d’agir pour la planète! Écologie et féminisme sont intrinsèquement liés et je me reconnais comme militante autant pour l’une que pour l’autre des causes … et j’ai un.mari féministe et un petit garçon que j’élève

    dans ce sens … ton filleul ❤ #sororité

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    1. lapetitecreature

      ahah je savais que ça allait te faire rire ! effectivement je l’ai remarqué aussi. D’après mes recherches sur le sujet, cela s’expliquerait en partie parce que sont les femmes qui gèrent encore en majorité l’aspect domestique (et donc les habitudes à changer, elles sont déjà dedans) et aussi parce que on nous a inculqué l’empathie et le soin beaucoup plus que les garçons. l’écologie c’est pas viril quoi ^^ mais heureusement ça bouge ! et y’a pleins de chouettes gars qui font leur part !

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  3. Isa Poitou

    Je ne trouve pas que tu sois extrêmiste. Tu bosses toujours tes sujets à fond et tes analyses sont toujours intéressantes! Après de manière générale, j’aime bien avoir des phases plus engagées que d’autres car étant en dépression, j’ai besoin de pauses car les discriminations sociales, de genre, de couleur de peau me donnent une image très négative des êtres humains. Donc il y a des périodes où je vais moins lire d’articles engagés même si le féminisme n’est jamais loin et j’aime partager quand les choses bougent et avancent. Gros bisous à toi !

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  4. Lucie J.

    Je suis féministe aussi et ne te connaissant pas personnellement je ne peux pas te dire si tu es trop féministe ou non, mais suite à ce que j’ai lu dans ton article je te range juste dans la case « féministe ». En revanche, je trouve que « trop féministe » ça peut exister. J’ai fait parti de l’association « Stop Harcèlement de Rue » et nous étions principalement des femmes dans notre antenne. Un jour, le seul homme du groupe nous partage un article qu’il a trouvé intéressant au sujet des applications pour de chaperonnage (on s’inscrit, on dit d’où on part -la nuit généralement, et à pieds- et où l’on va et on trouve quelqu’un pour faire le trajet avec nous). Et là, certaines femmes de l’asso lui sont tombées dessus « les femmes n’ont pas besoin d’être raccompagnées chez elles », « il y a eu plein de problème de harcèlement avec ce type d’application etc », « les femmes ne sont pas des princesses qui ont besoins d’être sauvées par un chevalier »… Je suis d’accord avec leur discours, mais ce qui m’a gênée dans leur remarques c’est que finalement nous n’en sommes pas encore au jour où les femmes seront complètement en sécurité (et je le regrette) et que la possibilité d’un chaperonnage pourraient aider/rassurer certaines. De ce fait, nous n’avons jamais parlé publiquement de ce type d’application alors que l’idée est intéressante et que le chaperonnage peut être utilisé par tous (personnes âgées etc…) et ne rentre pas seulement dans la dualité -une femme se fait raccompagner par un homme-. Du coup pour finir la dessus, j’ai trouvé que la peur du « ça pourrait être néfaste aux femmes » était une forme du « trop féministe ».

    Merci pour cet article en tout cas et merci d’avoir lu mon long commentaire.
    Lucie J.

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    1. lapetitecreature

      Bonjour Lucie ! Merci pour ton commentaire qui est très intéressant et qui fait réfléchir. En fait je suis d’accord avec les deux parties. D’un côté il y a du pragmatisme pur qui se veut en accord avec la situation des femmes aujourd’hui et de l’autre une volonté de sortir d’un schéma et de combattre d’une autre manière. Dur dur de trancher mais je comprends tout à fait ce que tu veux dire. Merci pour ton retour 🙂

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  5. Steph

    Ah si j’avais su que ma « petite phrase » au repas familiale aurait déclenché un article…l’aurais-je dis ? Sûrement avec cet article tu apportes une pierre à l’édifice et c’est déjà pas mal. Laisse moi juste te donner un autre versant du féminisme, plus concret moins « intellectuel ». Femme évoluant dans un monde d’homme, maman de 3 garçons dont un qui affiche clairement sa part de féminité, je pense être bien placée pour parler de ce sujet. Dans mon travail, je rencontre quotidiennement des hommes pour qui la’ place de la femme est à la maison, plusieurs de mes chefs le pensent ouvertement et pour autant ces mêmes chefs ont décidé que je méritais de passer au grade supérieur. Je devance largement bon nombre de mes collègues masculins. Ce n’est pas mon statut de femme qui a été un frein ou un levier, juste mon travail qui a payé. Alors non la féminisation des métiers ou grade, ne me semble pas être dimensionnant, non tous les rapports humains ne se jouent pas via ce regard du féminisme. Il faut surtout comprendre d’où est parti notre société et où elle en est aujourd’hui. Pour moi le vrai féminisme est d’avoir le choix. Aujourd’hui j’ai envie de défendre ma collègue qui fait un break de 2 ans pour ses enfants meme si ce ń’etait pas le bon moment pour sa carrière, je refuse la féminisation de mon grade, je préfère, par mon travail mon exemplarité faire évoluer les perceptions de mon entourage sur les femmes et surtout par l’education Que je donne à mes fils faire évoluer les choses pour la prochaine génération. L’influence en douceur marche mieux je pense que le combat frontal…bises sœurette

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    1. lapetitecreature

      Ah ah, les petites phrases ça pousse à réfléchir donc c’est quand même positif mais pour le coup ça m’a bien trituré le cerveau je dois l’admettre.
      Je pense en fait qu’il faut les deux : du « combat frontal » comme tu dis et de l’influence en douceur. Ça rejoint ce que je disais dans la nécessité d’une pluralité des messages et des messagers. En l’occurrence, grâce à ton travail, tu agis indéniablement dans le sens du féminisme puisque tu influes sur des mentalités peu enclines à voir des femmes dans des domaines très masculins. Tu bosses comme une dingue et tu mérites la reconnaissance de tes chefs c’est sûr et il en faut des gens comme toi pour faire évoluer la situation. Soutenir ta collègue est super aussi car elle a le droit de mener sa vie comme elle le souhaite et je suis totalement pour le choix car c’est une donnée intrinsèque du féminisme. Mais là où tu as l’impression que je veux imposer quelque chose (la féminisation des métiers et des grades par exemple), je souhaite en fait une ouverture. Car si un grade est féminisé, symboliquement, mentalement, cela veut dire qu’il est ouvert aux deux genres. Donc à mon sens il faut combiner les deux approches. Ainsi nous avons besoin de femmes de tête, de femmes exemplaires comme toi qui montrent à certains que nous sommes leurs égales, avec le même potentiel mais il faut aussi de menus combats plus triviaux, comme chipoter sur l’aspect sexiste actuel de notre langue ce qui permet aussi une ouverture des esprits sur une autre échelle. Tu as le droit de refuser la féminisation de ton grade, mais j’ai du mal à comprendre pourquoi je l’admets.. Tu es satisfaite de ton parcours, tu t’es imposée dans ce milieu masculin : penses-tu que féminiser ton grade le dévaloriserait aux yeux des autres ? Si la réponse est oui c’est qu’il y a encore un souci et que tout n’est pas réglé, en tout cas c’est mon avis. De ce que j’ai compris, l’armée française s’emploie à être un modèle d’égalité, de neutralité où le genre n’importe pas (armée parmi les plus féminisées du Monde mais on encore loin de la parité : « Les femmes représentent 15,5 % des effectifs, et seulement 7,8 % des officiers et officiers généraux »). Sauf que la neutralité française c’est le masculin. Pour certains et certaines renoncer à cette neutralité ce serait pointer de la différence, voire même ce serait ostraciser les recrues féminines. Moi je pense que ce serait pointer de la diversité.
      Je ne pense pas être dans un féminisme intellectuel, bien au contraire. Ce n’est pas parce que je me fais des nœuds au cerveau que ce sur quoi je m’attarde n’est pas concret. En fait je pense que c’est tout aussi concret que la preuve par l’exemple dont tu es l’incarnation, ce sont des détails précis de la vie, ce sont des mots que tu entends et que tu emploies, c’est très concret. Après je suis bien d’accord que l’éducation est l’un des leviers les plus importants pour pérenniser ce changement de mentalités. C’est pourquoi je suis heureuse de voir autour de moi, que ce soit toi, Vivie ou chez d’autres, une vraie volonté de transmission de valeurs. Pour finir, Françoise Héritier, une anthropologue que j’admire, a dit « Selon les experts du Bureau international du travail (BIT), au rythme où les choses changent en Europe, il faudrait attendre 500 ans pour parvenir à une réelle égalité de salaire, de carrière, etc. Alors imaginez le temps nécessaire pour qu’elle s’installe dans tous les domaines ! « . Si il faut encore 500 ans pour y arriver, on aura besoin de l’influence en douceur et de pas mal de combats frontaux ! Bisous sœurette

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  6. Des livres et les mots

    Superbe article et je suis complètement d’accord avec tout ça =D J’ai un peu plus de réserves sur les Femen parce qu’il me semble qu’elles ont pu avoir des propos ou actes problématiques dans le passé mais je serai intéressée pour en savoir plus, notamment quand tu auras lu le livre dont tu parles 😉

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