Le Dieu Vagabond, par Fabrizio Dori (BD)

Décidément l’Italie regorge de talents. Après avoir adoré l’énigmatique et magnifique ouvrage de Barbara Baldi, La partition de Flintham, c’est Fabrizio Dori, un milanais, qui m’a enchanté avec sa fable mythologique moderne : Le Dieu Vagabond.

Le Dieu Vagabond Fabrizio Dori Sarbacane

Comme Barbara Baldi, Fabrizio Dori réalise à la fois le scénario, le dessin et la colorisation. C’est un artiste complet dont la maîtrise artistique et l’imagination débordante parviennent à retranscrire la beauté et le symbolisme des divinités antiques en les incluant dans une réalité humaine et moderne.

De quoi ça parle Le Dieu Vagabond ?

Eustis est un satyre. Il faisait partie du monde des dieux et côtoyait Dionysos ainsi que le dieu Pan. Maudit par Artémis, il erre depuis hors du monde divin parmi les mortels. Sa vie s’écoule au même rythme que les bouteilles d’alcools qu’il vide, breuvage nécessaire pour enclencher son don divinatoire très prisé par les humains qui le visitent. Lorsque Hécate, déesse de la magie et des sorcières, croise son chemin, Eustis se voit investit d’une mission qui pourrait possiblement le libérer de sa malédiction. C’est ainsi que débute sa folle quête entre dieux, déesses et compagnons humains.

Pourquoi c’est bien Le Dieu Vagabond ?

Le Dieu Vagabond Fabrizio Dori Sarbacane
Le Dieu Vagabond, Fabrizio Dori éditions Sarbacane

La réussite d’un ouvrage est une question d’équilibre. Emmener son lecteur, l’immerger dans son univers : le lecteur doit y croire tout en s’émerveillant. Ce n’est donc pas une mince affaire mais Fabrizio Dori, avec la délicatesse d’un poète et un douce pointe d’absurde, réussit ce pari délicat.

La quête d’Eustis permet de nombreuses rencontres avec des divinités passionnantes, revisitées de façon contemporaine. Un procédé étrange mais que j’aime particulièrement tant je suis amoureuse des mythes et des légendes. Incorporer ces dernières dans notre réalité et notre époque est un prétexte fabuleux pour toutes sortes d’histoires et de divagations narratives.

Le Dieu Vagabond Fabrizio Dori Sarbacane
Le Dieu Vagabond, Fabrizio Dori, éditions Sarbacane

La variété des rencontres se retrouvent dans la dynamique changeante du dessin. Ainsi, à chaque divinité son ambiance et sa palette de couleurs, voire même son style de traits. Fabrizio Dori emprunte à Van Gogh, à Klimt, à Mucha ou encore à Hokusai. Son style se dilue et se marie à tant d’influences différentes qu’on ne sait plus où donner de la tête. Chaque détail est beau et l’on se perd dans des planches et des cases sublimes où le grandiose côtoie le trivial.

C’est foisonnant, inventif, philosophique et drôle. Bref c’est à lire absolument !

→ pour les curieux et curieuses qui ont déjà lu le livre et qui voudraient creuser les références et le symbolise de Fabrizio Dori : BD : Fabrizio Dori campe une aventure mythologique moderne avec “Le Dieu vagabond”, par Laurence Le Saux sur Télérama

 

 

 

3 commentaires

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s