Réflexion : beauté, youtube, injonctions et consumérisme

Depuis quelques jours, plusieurs youtubeuses ont sorti des vidéos en rapport avec la beauté et la féminité. J’ai trouvé leur parole intéressante, salutaire et j’avais envie de parler moi aussi de mon rapport à ce sujet mais aussi des conséquences produites par les contenus « beauté » sur internet.

Les deux vidéos en questions :

Shera Kerienski – 2 mois sans maquillage : mon expérience

Le Corps la Maison l’Esprit – Youtubeuse : ne t’excuse pas d’être celle que tu es

Je sais que Shera Kerienski n’est pas exemplaire (polémique sur le blackface etc…), je prends juste sa vidéo en exemple car c’est une youtubeuse très suivie dont la parole dans cette vidéo-ci est intéressante et bienvenue, en plus d’être récente.

Quel est le problème ? Le thème de la beauté ou ses représentant.e.s ?

Comme l’avait souligné le documentaire des Internettes, Youtube : Elles prennent la parole, les créatrices féminines, malgré la liberté qui leur ai proposé, sont majoritaires à se diriger vers des contenus autour de la mode et de la beauté. Ces domaines ne sont pas mauvais en soi, pas du tout, j’en ai beaucoup regardé et ils m’ont même été utiles.

Qu’une majorité de femmes choisissent ces domaines est un miroir de la société qui n’est jamais tendre : si tu fais de la beauté tu es bien à ta place mais ne t’attends pas à ce qu’on t’estime. Par contre si tu choisis un autre domaine, ta crédibilité et ton physique reviendra toujours sur le tapis. C’est un dilemme pervers où, en tant que femme ont est toujours dépréciées à cause de notre genre.

Pour plus d’égalité en terme de considération, j’encourage l’arrivée de plus en plus d’hommes dans le domaine des vidéos beauté. De la même façon, je suis partisane du fait que les femmes doivent saisir leur chance et choisir volontairement, si telle est leur passion, des domaines variés autres que la beauté. Il faut pour ça un brin d’audace et se convaincre qu’on peut faire autre chose car c’est vrai, on peut faire autre chose que de la beauté et être compétente. On ne naît pas avec un gêne du tuto, par contre la société nous conditionne dans cette voie, c’est un fait. Certaines youtubeuses sont parties de la beauté pour finalement changer complètement de ligne créatrice à l’instar d’Esther par exemple ou même d’Antastesia.

J’aime bien le maquillage et m’habiller, donc je ne critique pas le fait que ce soit les thèmes centraux de certaines chaînes. Après tout, ce sont des sujets futiles certes, mais communs à la plupart des civilisations, il ne sert à rien de les diaboliser. Ce que je critique en revanche c’est la façon dont ces sujets sont abordés via la majorité des contenus sur le web. De fait, je suis persuadée qu’il est possible de parler de ces sujets avec passion sans pour autant tomber dans les travers actuels.

Mon rapport à la beauté et à ses relais (Presse féminine, youtubeuses et youtubeurs, blog)

J’ai commencé à regarder régulièrement youtube via la beauté. Je recherchais des tutoriels pour apprendre à faire des « smoky eyes » et je suis tombé dedans tête la première, j’avais à peu près 16-17 ans. J’ai dévoré les contenus youtube sur la beauté et pareil pour les blogs ! Cela correspondait à une période où je grandissais, passais d’adolescente à femme. Tous les conseils donnés étaient précieux et je suis actuellement toujours satisfaite des enseignements que j’ai tiré de ces années là. Je comprends également le côté « grande sœur » que l’on attribue aux youtubeuses beauté car dans mon cas, elles ont joué un rôle approchant. À ce moment de ma vie, j’étais assez isolée, mes amies étant dispersés après le lycée. Je reconstruisais ma vie sociale petit à petit (car j’ai quand même fait de très chouettes rencontres après le lycée ♥). La vision de ces vidéos me permettait donc un moment d’évasion très agréable accompagné d’un sentiment de proximité réconfortant avec d’autres filles.

Alors j’ai suivi les règles à la lettre, j’ai écouté religieusement les conseils, commandé des palettes, des vernis etc… J’ai acquis des compétences que j’utilise encore parfois et surtout je retrouvais presque tous les jours, des personnes que j’appréciais et qui m’inspiraient. Encore aujourd’hui j’apprécie de trouver des swatchs de certains produits afin de mieux cibler mes achats. Je me souviens d’ailleurs, j’avais une passion pour les vernis de luxe (Dior et Yves Saint Laurent notamment). C’était la seule part de luxe que je pouvais m’offrir et j’y tenais beaucoup. Maintenant, j’avoue que je m’en fiche et que je privilégie l’efficacité et la composition plutôt que l’auréole bien clinquante qui entoure un nom de marque.

Puis au fil du temps, la lassitude est arrivée ainsi qu’une certaine saturation. J’ai opéré un grand tri dans mes contenus et je les sélectionne désormais avec soin en variant les sujets. Mes centres d’intérêt ont évolué et au-delà de ça, la vision de la beauté et de l’univers qui l’entoure.

Idem pour la presse dite « féminine » (car oui le féminin est toujours l’exception). J’adorais ce genre de magazines avant mais en même temps que je me détachais des contenus beauté sur internet, je lâchais la presse écrite associée, la trouvant plus creuse qu’intéressante avec en prime un double discours très hypocrite sur l’acceptation de soi.

Ce qui m’a fait lâcher la majorité des contenus beauté c’est la surenchère et l’uniformisation des contenus.

Saturation et uniformisation

Trop c’est trop

Au fil du temps, la recette marchant bien, les contenus beautés ont commencé à se ressembler traits pour traits. Il y a une logique compréhensible derrière ça : si un concept marche, l’idée de le reprendre fait vite son chemin. Néanmoins, reprendre un concept n’empêche pas d’ajouter sa patte, son originalité ou de détourner le dit concept. On peut personnaliser la chose, se l’approprier, ce qui crée un contenu familier au « youtube game » et à la blogosphère mais propre à soi en tant que créateur ou créatrice.

Ensuite, la chose se professionnalisant (ce que je ne critique pas en soi), les marques ont contribué à cette uniformisation en travaillant avec toutes les youtubeuses, en envoyant les mêmes produits et en faisant des coffrets de plus en plus extravagants destinés aux « influenceuses ».

Je respecte le fait que ce soit leur métier et que par conséquent elles reçoivent des produits de la part des marques. Ce sont deux choses qui vont ensemble mais maintenant ça ne me convient plus en tant que spectatrice. Cela me fait trop ressentir le lien ténu entre la beauté et le capitalisme (et le patriarcat → Beauté fatale, Mona Chollet). Je pense sincèrement qu’il va falloir réfléchir à une autre manière de faire mais j’avoue ne pas avoir de solutions toutes prêtes dans mon chaudron.

Cette avalanche de produits fait partie des raisons qui m’ont poussé à m’éloigner des chaînes beauté. Car si les youtubeuses reçoivent des produits, elles en achètent beaucoup aussi. J’ai fini par trouver une telle accumulation malsaine et exagérée, d’autant plus que dans ma vie personnelle, j’entamais une démarche de simplicité avec moins d’achats et une consommation plus raisonnée.

J’ai réalisé que j’avais besoin d’opérer cette remise en question quand je me suis rendue compte du nombre de choses cosmétiques voulues et achetées, mais pas utilisées. Un vrai gâchis qui encombrait mes étagères et ma conscience. Car c’est un fait : je suis une flemmarde et je vais au plus simple pour tout. Mille produits pour mille étapes ça me rendait dingue, donc en avoir peu me satisfait grandement (et je travaille encore dessus). Avant, je devenais parfois obsédée par la consommation et faisais plein de listes qui compilaient mes achats potentiels, et ce, jusqu’à l’overdose.

J’ai fini par comprendre (et c’était y a pas si longtemps) qu’attacher autant d’importance à tout ça, me rendait malheureuse car j’étais perpétuellement insatisfaite. J’ai compris qu’acheter peu et me centrer sur ce que j’aimais vraiment était bénéfique. De la même manière, j’ai compris qu’assumer mes cheveux et mon corps était un pas en avant ainsi qu’un pied de nez à la sphère beauté en général.

Croyez le ou non, mais avant j’étais fascinée par les escarpins Louboutin. Mon rêve était d’en posséder une paire un jour. Maintenant, en ayant grandi et en ayant cheminé, ce souhait n’existe plus. Débourser autant pour payer un nom de marque pour des chaussures apparemment pas si confortables que ça, tout ceci me semble insensé. Je reconnais la beauté de l’objet, le travail qu’il y a derrière mais j’ai d’autres priorités. Souhaiter ce genre de choses a été une étape chez moi, tout comme le lissage intempestif, l’admiration pour les marques de luxe ou encore le port de talons sans arrêt malgré la douleur. Je ne renie pas cette part de moi, parce qu’elle a existé et qu’elle m’a servi, mais prendre du recul et évoluer ça a du bon aussi.

Un même corps

« C’est une singularité épanouie, et non la conformité aux canons en vigueur, qui fait la beauté, la sensualité, l’amour » Mona Chollet, Beauté Fatale

Mis à pars les sujets et les produits, l’uniformisation passe aussi par l’apparence des youtubeuses, j’entends par là leur façon de se maquiller et leur style vestimentaire. Je trouve que peu d’entre elles proposent un contenu mode et beauté original. C’est le propre de la mode d’être un cycle sans fin mais bon sang, quand même, tous les lookbook ou les hauls contiennent les mêmes articles, les mêmes combinaisons etc… J’aime bien ces vidéos pour avoir des idées de tenues mais souvent l’originalité est absente et c’est dommage.

vidéo à voir si le sujet vous intéresse !

Finalement, je rejoins pas mal Antastesia quand elle dit qu’un vrai rôle de grande sœur (rôle qu’on attribue parfois aux youtubeuses beauté) consisterait plutôt à faire de la prévention : c’est-à-dire un discours attaché au bien-être des jeunes oreilles qui les écoutent. Certaines le font parfois, avec plus ou moins de pertinence (car dire de s’accepter tout en ayant fait moult chirurgie ou en n’assumant pas son visage démaquillé c’est pas des masses raccord). Comme l’a si bien dit Laetitia dans sa vidéo, les youtubeuses doivent également arrêter de s’excuser de se présenter sans maquillage. À chaque fois qu’une youtubeuse apparaissait démaquillée je me disais, wahou qu’est-ce qu’elle est belle au naturel, puis à l’écran arrivait le sempiternel « désolée pour ma tête », « j’ai l’air d’un zombie »,  » désolée de vous infliger ça ». Non mais d’où on doit s’excuser pour notre visage? C’est un acte toxique qui continue de placer les femmes dans une démarche sans fin de plaire à l’autre. Ce n’est pas sain, ni pour la youtubeuse, ni pour son audience. Je sais que les youtubeuses le font car elles se sentent obligées de le faire, et bien je leur dis non vous avez le droit et peut être même le devoir de ne plus le faire !

Quant à Shera, elle explique que l’arrêt du maquillage (ou du moins un maquillage très léger et sans obligation) l’a réconcilié avec sa beauté naturelle, son visage, le vrai. Je trouve son expérience salutaire car le maquillage finalement c’est bien quand on sait qu’on peut s’en passer (dixit Gabrielle Solis dans Desperate Housewifes).

Quand je vois les couches de fond de teint, les bases siliconées, le contouring etc … je trouve ahurissant de mettre autant de choses sur sa peau et donc de l’étouffer, ce qui participe à l’engrenage des boutons et des problèmes cutanés. Que le maquillage aide quand on a des complexes je comprends mais je constate que beaucoup de femmes se maquillent ainsi plus par habitude que par besoin. Prenons les faux-cils par exemple. Sur certaines chaînes, quasiment aucun tutoriel ne se termine sans faux-cils ! Les femmes intègrent que l’on doit se maquiller comme ça car les contenus qu’elles regardent proposent tout le temps ce genre de maquillage. Et le recul n’est pas toujours là ou évident, surtout quand l’audience est jeune. Le maquillage peut être un allié pour la reconquête de la confiance en soi. Il peut être un outil pour s’amuser, se sublimer mais en aucun cas on ne doit être enchaîné(e) à son fond de teint et ses pinceaux.

Une consommation aveugle

J’aimerais beaucoup, compte tenu de la crise écologique et des diktats qui pèsent sur les femmes, que les youtubeuses nuancent leur discours, leur manière de faire et se dirigent vers des produits moins nocifs avec une parole ancrée dans le réel et les problématiques actuelles. Parfois, elles ont l’air totalement hors du temps, dans une bulle parfaite où elles ne se posent aucune question sur la société qui les entoure. Elles mènent leur vie et leurs achats dans une routine surréaliste grâce à des œillères gigantesques.

Confessions d'une accro du shopping, réalisé par Paul John Hogan

Confessions d’une accro du shopping, réalisé par Paul John Hogan

Désormais, je suis encore des chaînes beauté/mode/lifestyle mais BEAUCOUP moins. Je choisis mes contenus suivant les personnalités et l’originalité sous lequel la beauté est abordée. Mais je reste toujours critique et maintiens une distance quand à mon sens c’est nécessaire. Par exemple, je ne cautionne pas forcément la manière dont certains et certaines consomment même si j’apprécie leur bonne humeur et leur caractère. J’aime vraiment quand la beauté est un thème parmi d’autres et que la youtubeuse s’attache à parler d’autres sujets. J’aime quand les chaînes ou les blogs ont une vraie identité.

Conclusion

Le maquillage, les vêtements, les bijoux etc… c’est agréable mais ça ne doit plus se placer autant du côté du féminin. Ce sont des sujets mixtes et surtout ce sont des sujets qui ne doivent plus faire l’apologie de la consommation ou l’apologie d’une seule et même apparence. Les femmes ne sont pas que des corps à ornementer. J’ai eu la chance d’avoir un entourage proche qui se maquillait peu. Les cosmétiques étaient un plaisir et non une obligation. J’ai traversé des périodes où je me suis cherché de ce côté là, je ne savais pas ce qui m’allait, comment faire et sur ce point les youtubeuses beauté m’ont aidé. Mais j’étais plus âgée que la majorité de leur audience alors prendre du recul a était plus facile (et facilité par mon entourage). La réussite sociale ne se résume pas à un dressing bien garni (bien que ça puisse faire plaisir parfois).

Depuis que je gère mes achats avec bien plus de raison, je suis plus détendue et ces sujets qui avaient tendance parfois à m’obséder sont relégués au second plan et je dédramatise. Je me sens plus en adéquation avec mes valeurs tout en continuant d’apprécier de m’habiller ou de me maquiller. Tendre vers ce genre de chose me paraît plus souhaitable mais déranger un système si lucratif et bien ficelé c’est malheureusement compliqué.

Le diktat ne doit plus empiéter sur la vision que nous avons de nous-même ni sur ce que nous devons acheter pour nous sentir bien. Pallier le mal être par l’achat, et je sais de quoi je parle, n’arrange rien et colmate une blessure qui se rouvre très vite ( ce que même le film L’accro du shopping explique à la fin).

Le plaisir, le fun, la sobriété et l’extravagance oui mais de façon réfléchie, en étant inclusif(ve) et original(e) siouplaît !

Le « youtube beauté » est pour beaucoup une avalanche de clones où règne la surconsommation, soit un triste miroir de notre société. Car la nouvelle arme du patriarcat c’est bien la consommation. C’est un enfermement, une aliénation et on s’y plie parfois de bon cœur, inconscientes des rouages qui nous y amènent et nous y enferment. Passer autant de temps et d’argent à propos de notre apparence, c’est une manière de nous occuper, une façon de veiller à ce que les femmes gardent leur cerveau câblé sur les domaines qu’on leur attribue. Ainsi submergées d’injonctions, les femmes ont moins le temps pour autre chose, comme aller investir les domaines accaparés par le masculin par exemple. Patriarcat et capitalisme forme un tandem gagnant très efficace contre lequel il faut se rebeller.

« Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde » Gandhi

Soyez créatives, partager vos réflexions, vos combats, votre savoir ! Emmerdez ceux qui veulent vous remettre à une place de poupée. Et surtout, éduquons nos enfants loin des stéréotypes, des diktats et des sirènes du consumérisme. La société en sortira grandie, et le monde aussi.

 

 

9 réflexions sur “Réflexion : beauté, youtube, injonctions et consumérisme

  1. paradisehunter35 dit :

    Le maquillage doit rester un jeu. Se maquiller c’est se transformer, être une autre personne.
    Moi je suis d’une autre génération. J’ai quarante ans. Cette consommation via youtube je ne la connais pas, je ne la pratique pas mais j’en vois les dégats sur les jeunes filles.
    Fan de Marilyn Monroe, il est très amusant de voir qu’avec le maquillage elle avait créer un personnage : Marilyn Monroe. Au début cela l’amusait mais très vite c’est devenu un fardeau parce qu’en réalité elle était très loin de ce monstre qu’elle avait créé. Plus les années passaient et plus il était difficile et long de garder cette image, de se maquiller. D’ailleurs à la fin de sa vie il est très intéressant de voir que son maquillage avait énormément changé. Il devenait plus léger, moins outrancier.
    Pour la petite histoire le maquillage était encore il y a 100 ans, une hérésie ! Il était l’apanage des prostituées et des actrices (qui n’étaient pas forcément mieux considérées). En tout cas c’était la définition de la mauvaise fille. Et puis dans les années 20, le succès du cinéma a tout bouleversé. Les spectatrices voulurent ressembler à leurs idoles et l’on commença à voir dans filles maquillées dans la rue. N’oublions pas c’était les « années folles ». Les femmes coupaient leur cheveux, les corsets étaient jetés aux orties et les robes raccourcissaient… D’une certaine façon le maquillage a remplacé les vêtements qui enserraient le corps des femmes. Et puis c’était une manne financière incroyable ce nouveau marché !
    Il y a tant de choses à dire sur le sujet.
    Je dirai une dernière chose. Moi ce qui m’inquiète le plus, c’est cette « clonisation » de la société. Déjà avec les vêtements c’est une catastrophe mais le maquillage contribue encore plus à une uniformisation effrayante.
    Un dernier truc et après j’arrête. Aujourd’hui avec mon mari nous avons vu une jeune femme, une vendeuse. Elle avait sur la visage une couche de fond teint et autre impressionnante. La réflexion que nous nous sommes faits c’est qu’elle nous a fait penser aux hubots de la série « Real humans ». Effrayant je vous dis.

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    • lapetitecreature dit :

      J’ai essayé de parler de cette clonisation car je l’ai aussi ressenti. Sans doute parce que nous sommes abreuvés des mêmes modèles sans arrêt et que les gens ne prennent pas forcément de distance avec ça.
      Après le maquillage a été réprouvé longtemps par l’Eglise mais d’après mes souvenirs, à l’époque de la royauté, le maquillage était mixte il me semble. C’est après que ça été connoté féminin. Perso, j’aime bien l’idée que les femmes se soient appropriées des codes esthétiques longtemps mal considérés, y’a un côté un peu rebelle dedans ^^ Néanmoins effectivement, le maquillage doit rester un plaisir, pas une aliénation consumériste 🙂

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      • paradisehunter35 dit :

        Comme souvent les codes que nous identifions féminin étaient auparavant masculin… Les collants, les bijoux… C’est assez drôle quand on y pense.
        Moi je me dis souvent qu’en temps que femme nous avons beaucoup de chance en ce qui concerne l’apparence parce que nous pouvons jouer avec beaucoup de codes. Par exemple dans nos pays en tant que femme je peux porter, une robe, une jupe, un pantalon, un short, un pull col roulé, un top à fine bretelles. Je peux me maquiller ou non, avoir les cheveux longs, courts… Et les hommes dans tout ça ? Et bien presque rien ! Au cours du 19ème siècle tout ce qui a trait aux hommes est devenu très austère. Les femmes ont su sortir de ça mais aucunement les hommes alors que toute la fantaisie de l’apparence était leur apanage.
        L’apparence est loin d’être un sujet futile. Il traduit beaucoup de choses dans nos sociétés et notre passé. L’habit ne fait-il pas le moine, comme le dit l’adage ?
        Pour en revenir au maquillage et au marché qui en découle, il est très intéressant d’en voir le traitement. Il faut savoir que l’industrie cosmétique en France est la toute première devant même la sacro sainte automobile ! Elle génère un chiffre d’affaire phénoménale et crée beaucoup d’emploi. La France est numéro un dans ce domaine. Mais entendons-nous parler de cette industrie majeure de notre économie ? Personnellement, je n’en entend pas parler. Bein non, le maquillage c’est futile tandis que la voiture c’est du sérieux ! c’est une affaire de bon homme !

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      • lapetitecreature dit :

        Ah ah tout à fait. On a effectivement plus de choix. Après je pense que si les femmes ont plus de choix, c’est parce qu’on est considérées comme des « beaux objets » et que c’est principalement sur nous que reposent cette injonction à l’apparence. Cette multitude de choix est donc à la fois une liberté et une contrainte symbolique.

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  2. Des livres et les mots dit :

    Merci pour cet article très pertinent et intéressant !
    Sans être jamais tombée dans l’extrême de me maquiller tous les jours pour sortir et de façon extensive (se faire le teint et pas seulement les yeux, etc.), j’ai eu une bonne période où je me sentais pas légitime à aller au travail sans avoir les yeux maquillés. Il m’a aussi fallu du temps pour m’en détacher et maintenant quand je me maquille, c’est vraiment parce que j’en ai envie et c’est donc un plaisir ! 🙂
    J’ai la chance de ne pas avoir été dans la surconsommation extensive, mais en m’intéressant au mode de vie minimaliste et à une démarche plus éthique, je me suis rendue compte que c’était pourtant déjà trop, même sans avoir quinze paires de chaussures, j’en avais clairement que je n’avais mise qu’une ou deux fois…

    Du coup je me suis beaucoup reconnue dans tout ce que tu as dit, et je trouve que c’est très important d’encourager les vidéastes qui ont une démarche tout aussi instructive et utile (comment se maquiller, comparatifs de produits, etc.) avec une idée féministe derrière (se maquiller oui mais quand on veut et comme on veut, peu importe notre genre) et potentiellement éthique (ne pas tomber dans la surconsommation, présenter des marques écolos qui évitent les produits nocifs, qui sont véganes et cruelty free, etc.).

    Je me suis un peu étalée sans raison, mais merci encore pour ce billet !

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